Les règles du conseil supérieur de l’audiovisuel

 

   Quand l’invention de la règle électorale défavorise et écarte indirectement les nouveaux candidats :

En l’absence de règles électorales juridiquement formulées ou même en contradiction avec les règles existantes, certains acteurs s’accordent le pouvoir d’édicter des pseudo ou quasi-règle médiatico-électorales.

Nombre de ces règles semblent défavorables aux nouveaux candidats. Cette tendance paraît particulièrement nette dans le champ médiatique.

Les données succinctement rappelées plus haut, témoignent de la sous-représentation de certaines forces politiques.

Mais, au-delà, on constate parfois l’exclusion de certaines petites formations politiques, qui ne parviennent pas à obtenir leur institutionnalisation médiatique, apparaissent, puis disparaissent des relevés de temps de parole (ou d’antenne), tels que publiés par le Service d’observation de programmes, puis, la CNCL (communication nationale de la communication et des libertés), et le CSA (conseil supérieur de l’audiovisuel), ou y apparaissent selon des dénominations différentes.

“L’exclusion, est aussi, le fait de la presse écrite, qui parfois oublie d’indiquer les résultats, voire la simple présence à une élection d’une formation politique, ou ne publie pas les réactions de telle ou telle formation aux résultats d’élections, auxquelles celle-ci, a pourtant présenté des candidats”, ajoute la journaliste de LCI, “Audrey Crespo-Mara”.

Mais, en outre, dans le cadre des campagnes et pré-campagnes électorales, les médias audiovisuels en viennent à inventer des règles qui leur sont propres.

Ces règles conduisent, au-delà de la sous-présentation susmentionnée, à évincer les nouveaux candidats des émissions les plus légitimantes.

 

 Élection présidentielle française des années 80 :

Ainsi, entre février et avril 1988, France Inter, organise cinq “inter-matin” spéciaux, consacrés aux cinq candidats soutenus par les formations politiques représentées à l’Assemblée nationale, puis, cinq Face au public exceptionnels, pour les mêmes et seuls cinq candidats.

L’exclusion des nouveaux candidats d’émissions aussi légitimantes, gêne leur crédibilisation, tout en consacrant la légitimité des candidats déjà admissible.

“En outre, se fonder sur la représentation à l’Assemblée nationale, pour établir une distinction entre les candidats à l’élection présidentielle, semble un critère peu pertinent, surtout par rapport à l’esprit de la Ve République et aux règles des émissions officielles pour l’élection présidentielle”, Audrey Crespo-Mara.

L’exemple de “l’heure de vérité” est tout aussi significatif.

Le calendrier de cette émission fixé dès le début août 1987, pour la période préélectorale, jusqu’au 30 mars 1988, est, selon son animateur : “un programme classique avec les chefs des partis et les principaux candidats exceptés ceux des petites formations, car il n’y aurait pas de limites”.

 

 Le rôle du conseil supérieur de l’audiovisuel : la campagne électorale de 2002

Alors que le CSA est censé vérifier les temps de parole et d’antenne pendant la précampagne électorale pour la présidentielle de 2002, c’est tantôt “par respect pour les règles régissant nos institutions”, tantôt “afin de respecter l’esprit des institutions”, qu’il demande aux chaînes de télévision et de radio, de ne pas s’insérer prématurément dans une logique de second tour et d’accroître les temps de parole des nouveaux candidats.

Ici, c’est autant l’absence de précision des règles existantes (notion de pré-campagne, de candidature avant le dépôt officiel des candidatures, principe d’équité…) que l’inapplication de ces règles qui nuit aux nouveaux candidats.